بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم


La louange est à Allah le Seigneur des mondes, que Allah honore et élève davantage le rang de notre maître Mouḥammad ṣalla l-Lāhou ﺀalayhi wa sallam et qu’Il préserve sa communauté de ce qu’il craint pour elle. Nous demandons à Allah qu’Il nous fasse apprendre ce que nous ignorons, qu’Il nous fasse nous rappeler de ce que nous avons oublié et qu’Il nous augmente en connaissance. Nous demandons à Allah de nous préserver de l’état des gens de l’enfer, nous demandons à Allah qu’Il fasse que nos intentions soient sincères par recherche de Son agrément

La raison qui nous a poussé à écrire ce livre est que beaucoup de gens pensent à tort que certaines croyances corrompues -comme le fait que le genre de cet univers n’aurait pas de début et que Dieu ne l’aurait pas créé, que Dieu serait un corps caractérisé par une certaine quantité, ou encore que l’interdiction du tawassoul par les prophètes et les saints de Dieu ainsi que l’interdiction de la recherche de barakah par la visite de leurs tombes- sont ce sur quoi étaient les salafs aussi bien du point de vue de la croyance que des actes.

Il nous est donc apparu indispensable de montrer que la réalité est tout autre et que les salafs exemptaient Dieu de la quantité ; autrement dit, Dieu n’est absolument pas quantifiable. Et Sa Science n’est pas une quantité d’informations, qu’il s’agisse de ce qu’il sait de Lui-même aussi bien que de ce dont les créatures peuvent avoir connaissance. De même, invoquer Dieu par le degré de Ses prophètes et de Ses saints après leur mort ou rechercher les bénédictions auprès de leurs tombes en espérant par cela que ses invocations soient exaucées sont bel et bien des pratiques auxquelles les salafs ont eu recours.

Il était également de notre devoir de montrer que l’imam Aḥmad n’est pas à l’origine de ce qui a été innové par Ibnou Taymiyyah et ses adeptes -et qu’ils se sont mensongèrement réclamer de lui- par le fait que les savants ont unanimement autorisé d’invoquer Dieu par le degré de Ses prophètes et de Ses saints après leur mort. Tout comme ils ont unanimement considéré que visiter leurs tombes ou y passer la main pour profiter de leurs bénédictions est licite et ne revient pas à adorer autre que Dieu.

Enfin, nous avons voulu un ouvrage exhaustif qui fonde ses arguments sur les textes religieux. Si Dieu le veut, le lecteur s’en apercevra.

 

Aḥmad ibnou Taymiyyah était le petit-fils du célèbre faqīh al Maĵdou bnou Taymiyyah le ḥanbaliyy. Il naquit à Harrān dans un milieu où abondait la science de cette école. Son père, le chaykh ﺀAbdou l-Ḥalīm - qui était un homme bien guidé et honoré par les savants et les hommes de pouvoir du Chām à tel point qu’il lui fut confié à plusieurs reprises des fonctions d’enseignements - le prit avec lui en direction de cette région. C’est alors qu’après la mort de son père, Aḥmad ibnou Taymiyyah se vit confier ses responsabilités. Pour l’encourager à suivre le chemin de son père les savants et hommes de pouvoir de la région assistèrent à ses cours et parlèrent de lui en bien comme à leur habitude avec quiconque méritait d’être avalisé. Et cette bienveillance naquit non seulement du fait que les siens avaient été forcés de fuir la menace d’un homme appartenant à la tribu des banī ﺀAbbās et qui devint plus tard gouverneur en Egypte mais aussi du fait que son père mourut sans lui laisser d’héritage de sorte que s’ils avaient mandaté autre lui, sa famille aurait connu misère et infortune.

Et parmi ceux qui se sont montrés élogieux à son égard at-Tāĵ al Fazāriy connu sous le nom de al-Farkāḥ ainsi que son fils al-Bourhān mais aussi al-Ĵalālou -l Qazwīniyy, al Kamālou z-Zamlakāniy, Mouḥammad bnou l-Ḥarīriyy al ‘Anṣāriyy, al ﺀAlā’ou l-Qawnawiyy et autres. Cependant, Ibnou Taymiyyah fut berné par leurs éloges et ne prêta pas attention au fait qu’ils avaient fait cela pour l’encourager et le motiver. C’est alors qu’il commença de temps en temps à innover. Au début, les gens de science se montrèrent indulgents à son égard de sorte qu’ils interprétèrent ses écarts comme des lapsus indépendants de sa volonté mais leur conviction fut anéantie lorsqu’ils surent qu’il contredisait consciemment la vérité. C’est alors qu’ils se détournèrent de lui l’un après l’autre au fur et à mesure que ses déviations se succédaient.

Et même si la notoriété d’Ibnou Taymiyyah s’étendait et que ses ouvrages ainsi que ses disciples se multipliaient il était en réalité tel que l’a décrit le ḥāfiẓ, le faqīh Waliyyou d-dīn al-ﺀIrāqiy le fils du chaykh des houffāẓ Zaynou d-Dīn al ﺀIrāqiy dans son livre al ‘Aĵwibatou l-marḍiyyah ﺀala l-‘as’ilati l-makkiyyah : « sa science est plus grande que sa raison » ou encore « il a certes violé le consensus dans de multiples sujets et dont certains ont évalué le nombre à soixante, qu’il s’agisse des sujets relatifs aux fondements de la croyance ou autres ; il a contredit ces avis après qu’ils aient fait l’objet de l’unanimité des savants. » Et nombreux sont ceux qui l’ont suivi dans cela qu’il s’agisse de gens du commun ou autres.

Les savants se sont hâtés de répliquer contre lui et ses innovations ; parmi eux, l’imam, le ḥāfiẓ Taqiyyou d-Dīn ﺀAliyy bnou ﺀAbdi l-Kāfiy as-Soubkiyy dans ad-Dourratou l-maḍiyyah : « lorsqu’Ibnou Taymiyyah innova ce qu’il innova dans les fondements de la croyance et qu’il résilia certaines croyances parmi les croyances de base de l’Islam et qu’il en démoli les piliers, et après avoir prétendu suivre le Livre et la Sounnah et appeler les gens à la vérité menant au Paradis, il s’est ouvertement singularisé de l’ensemble des musulmans en reniant l’unanimité des savants ; il a attribué à Allah le corps et les parties et soutenu qu’il n’est pas impossible que Allah dépende de ces parties ; il a prétendu également qu’il advenait à Allah le changement et que la Parole de Allah est un attribut qui n’est pas de toute éternité mais crée ; mais aussi que Allah parle et se tait et que Sa Volonté n’est pas de toute éternité mais change selon les créatures. Il a transgressé dans tout cela en prétendant la nécessité que l’Univers existe de toute éternité et qu’il n’a pas été créé. Il a aussi prétendu que les créatures n’avaient pas de début c’est-à-dire que ce qui est entré en existence n’a pas de début. Il a non seulement affirmé l’entrée en existence d’un attribut divin qui est de toute éternité mais aussi prétendu l’existence de toute éternité de ce qui a été créé. Personne avant lui n’a associé ces deux paroles contradictoires dans une religion parmi les religions ni même dans un crédo parmi les crédos. Par conséquent, il ne rentre même pas dans un des soixante-treize groupes dans lesquels s’est divisée la communauté et sa prétention n’a pas même suscité la ferveur d’une communauté parmi les communautés. Et il s’est permis d’innover bien plus que toutes ces mécréances abominables ».

 (La suite…)


الحَمْدُ لله رَبِّ العَالَمِيْنَ

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.