بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

 

Ceux qui sont privés du droit de succession à cause d’une caractéristique qui les empêchent d’hériter sont de sept sortes : (1) l’esclave qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme ; (2) de même l’esclave à qui son maître dit : « si je meurs tu es libre » ; (3) aussi la femme esclave qui a eu un enfant de son maître et qui devient libre après la mort de celui-ci ; (4) de même l’esclave qui a conclu un accord avec son maître pour racheter sa liberté tant qu’il ne s’est pas acquitté de la somme convenue. (5) N’hérite pas non plus du défunt celui qui est directement responsable de sa mort -comme celui qui le tue de ses propres mains même s’il a été contraint de le faire- ou indirectement -comme celui qui ordonne qu’on le tue-. De même le père n’hérite pas de son fils si en voulant l’éduquer il lui a porté des coups qui ont conduit à sa mort [1]. N’hérite pas non plus du défunt celui qui est chargé de lui appliquer la peine légale ou le talion. Exception faite du juge qui a ordonné son exécution ou celui qui a transmis le ḥadīth qui ordonne sa mise à mort. (6) l’apostat n’hérite ni d’un musulman, ni d’un apostat, ni d’un non-musulman d’origine. (7) le musulman n’hérite pas du juif ou du chrétien et le juif ou le chrétien n’hérite pas du musulman. Certains savants ont divergés et ont dit que le musulman peut hériter du juif ou du chrétien sous certaines conditions mais pas l’inverse. Par contre les juifs et les chrétiens héritent les uns des autres.

Les héritiers inaliénables sont ceux qui ne peuvent en aucun cas être totalement évincés de la succession (à moins qu’ils ne présentent une des sept caractéristiques citée ci-dessus). Ils sont au nombre de cinq : (1) le mari de la défunte ; (2) l’épouse du défunt ; (3) le père du défunt ou de la défunte ; (4) la mère du défunt ou de la défunte ; (5) les enfants du défunt ou de la défunte. La quote-part de chacune de ces cinq catégories peut varier en fonction de la présence de tel ou telle autre ayant droit à l’héritage mais en aucun cas ils ne sont totalement privés de la succession.

Comme nous l’avons dit, si les parts légales -une fois distribuées entre les héritiers prescrits- absorbent la totalité de la succession, les héritiers probables sont privés de la succession sauf dans un cas : « al ḥaĵariyyah » aussi appelé « al mouchtarakah » ou encore « al yammiyyah ». C’est lorsque la défunte laisse un mari, une mère, deux frères utérins et un frère germain. A l’origine le partage se fait de la manière suivante : la moitié pour le mari parce qu’il n’y a pas d’enfant, un sixième pour la mère, et un tiers réparti entre les deux frères utérins. Ainsi, dans l’hypothèse où le montant de la succession était de six, trois parts seraient réservées au mari, une à la mère et les deux parts restantes aux deux frères utérins. Il ne reste donc plus rien pour le frère germain.

Il a été dit qu’un cas similaire s’est produit sous le califat de ﺀOumar ; les frères germains lui ont alors dit : « Imagine si notre père était une pierre lancée dans la mer, ne sommes-nous pas tous des frères issus de la même mère ! » C’est alors que notre maître ﺀOumar les a associés au tiers prévu pour les frères utérins.

Ainsi, dans ce cas précis, le frère germain partage avec ses deux frères utérins le tiers de l’héritage. Autrement dit, si le montant de la succession était divisible en dix-huit parts, il y en aurait neuf pour le mari, trois pour la mère et deux pour chacun des trois frères.

 


[1] Si un père blesse son fils et ce dernier meurt après une semaine mais que durant la semaine qui précède sa mort, son père décède alors le fils blessé hérite du père et après la mort du fils on hérite du fils.

 (à suivre…)

 

الحَمْدُ لله رَبِّ العَالَمِيْنَ

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.