بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم


Et certes, beaucoup d’entre elles ont été mentionnées par le ḥāfiẓ Aboū Saﺀīd al ﺀAlā’iy, chaykh du ḥāfiẓ al ﺀIrāqiy comme l’a rapporté le ḥāfiẓ, l’historien Chamsou d-Dīni bnou Ṭoūloūn dans son ouvrage « Dhakhā’irou l qaṣr » ; il a dit :« Il a mentionné les sujets sur lesquels s’est singularisé Ibnou Taymiyyah qu’il s’agisse des fondements de la croyance ou d’autres sujets parmi lesquels il a tantôt contredit l’unanimité des jurisconsultes et tantôt contesté l’avis qui prévaut dans les écoles. Parmi cela le divorce conditionnel : il a en effet prétendu que le divorce n’était pas effectif si la condition était remplie mais qu’il lui incombait l’expiation du serment non tenu et aucun n’a dit cela avant lui. Malgré cela, il est resté longtemps sur sa position à tel point que sa falsification est devenue un fléau qui a touché une multitude de gens parmi les gens du commun. Il a prétendu également que divorcer une femme qui a les menstrues n’était pas effectif, de même si ce divorce est prononcé dans une période inter menstruelle durant laquelle l’homme a eu un rapport avec son épouse. Plus encore, il a dit que le divorce par trois ne comptait que pour un seul alors qu’il avait rapporté auparavant que les musulmans étaient unanimes sur le fait qu’il s’agissait de trois divorces successifs et que celui qui contredisait cela devenait apostat. Et pourtant, il a statué par la suite contrairement au consensus et a ainsi berné un grand nombre de gens.

Il a aussi rendu licite pour la femme qui a ses menstrues les tours rituels autour de la Kaﺀbah et a prétendu qu’il ne lui incombait pas d’expiation si elle le faisait. Mais aussi que les taxes prélevées sur les commerçants les exonèrent du paiement de la zakāt même si elles n’ont pas été prélevées au nom de la zakāt. Il a dit également que si une souris ou ce qui est du même du genre meurt dans un liquide, celui-ci ne devient pas impur et qu’il n’est pas obligatoire de rattraper une prière qui a délibérément été délaissée. Il a également déconseillé celui qui se trouve en état de ĵanābah de retarder l’accomplissement des prières surérogatoires de nuit jusqu’à ce qu’il fasse le ghousl mais plus encore il l’a incité à se suffire du tayammoum pour les accomplir même s’il n’est pas voyageur ; et j’ai certes vu un de ces disciples s’adonner à cette pratique c’est alors que je lui ai défendu de faire cela.

Et il fut interrogé au sujet d’un homme qui avait apporté une paillasse à son émir au cours d’un voyage ; c’est alors que pendant la nuit cet homme fut gagné par une éjaculation; il craignit donc, s’il faisait le ghousl à l’aube, que son maître le soupçonne d’avoir des rapports avec ses autres sujets. Ibnou Taymiyyah autorisa cet homme à faire la prière du ṣoubḥ avec le tayyamoum malgré le fait qu’il lui était possible de faire le ghousl. Et il a été interrogé sur les conditions imposées par le donateur d’une donation inaliénable ; il a alors répondu : « ses conditions ne sont pas prises en considération lorsqu’elles concernent une école particulière ; ainsi des ḥanāfiyy peuvent très bien profiter d’un don fait spécifiquement à des chāfiﺀiyy ; de la même manière le don fait exclusivement à des fouqahā’ peut être consommé par des ṣoūfiyy et inversement ». Et il se comportait comme tel dans l’école dont il avait la responsabilité ; il donnait cours aux disciples tout comme aux gens du commun et il ne respectait pas les exigences des fouqahā’ ni même les conditions posées par le donateur mais il fixait un horaire le mardi et se contentait de la présence des gens du commun pour s’affranchir de sa charge.

Il fut également sollicité quant à la vente de la mère asservie qui conduit à la séparer de son enfant en bas âge ; il statua non seulement sur son caractère légal mais il prétendit en plus que c’était l’avis prédominant.

Et parmi les sujets relatifs aux fondements sur lesquels il s’est singularisé, la question du bien et du mal avancée par les mouﺀtazilah, qu’il a reprise, soutenue et considérée comme faisant partie intégrante de l’Islam. Il est allé même jusqu’à justifier tout ce qui découle de cette thèse comme leur avis concernant la comparaison des actes.

Quant à certains de ses propos sur les fondements de la religion : le fait que selon lui Allah change -alors qu’Il est dans l’absolu exempt de ce qu’il prétend- ; le fait que selon lui Allah est un tout qui dépend de parties ; le fait que selon lui la Parole de Allah est créée ; le fait que selon lui le genre de l’univers est sans début, qu’il est de toute éternité avec Allah mais que les composants de l’univers eux sont continuellement crées. Il a donc prétendu que le genre de l’univers existe indépendamment de la Volonté d’Allah c’est-à-dire que selon lui Allah est contraint -alors qu’Allah est en réalité exempt de son illusion-.  Et parmi ses propos il y a également le fait que selon lui Allah est un corps concerné par les directions et le déplacement -et ceci est inacceptable-.

Il a également déclaré dans certains de ses ouvrages que Allah était de la taille du Trône, ni plus grand ni plus petit, -et Allah est exempt de cela- ; et il a consacré une partie au fait que selon lui la Science de Allah ne concerne pas ce qui n’a pas de fin comme la félicité éternelle des  gens du Paradis et qu’Il ne sait pas dans l’absolu tout ce qui concerne ce qui a une fin. Et parmi ses propos le fait que selon lui les Prophètes ne sont pas préservés et que notre Prophète n’a pas de prestige et que celui qui fait le tawassoul par lui commet un péché ; il a d’ailleurs écrit de nombreuses pages sur ce sujet. Il a également dit que le voyage dans le but de visiter la tombe du Prophète est un péché et qu’il ne permet pas de raccourcir les prières ; il a fait preuve d’immodération en disant ce que personne avant lui n’a osé dire. Des fouqahā’ ont même rapporté qu’il a prétendu dans certains de ses ouvrages que le châtiment des gens de l’enfer prendra fin et ne s’éternisera pas.

Et parmi ses singularités il y a le fait que selon lui la Thora et l’Evangile n’ont pas été falsifiées et qu’elles sont à l’heure actuelle telles qu’elles ont été révélées. La falsification selon lui ne se trouve que dans leur exégèse. Il a composé un recueil sur ce thème et ceci est la dernière chose que j’ai vue de lui. Je demande à Allah de me préserver de telles croyances, d’écrire de telles abominations et de croire de telles horreurs ».

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الحَمْدُ لله رَبِّ العَالَمِيْنَ

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.