بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم


Le ḥāfiẓ le jurisconsulte Taqiyyou d-Dīn as Soubkiyy a dit dans son recueil de fatāwā : « j’ai riposté contre cet homme (c’est-à-dire Ibnou Taymiyyah) durant sa vie sur le fait qu’il réfute le caractère licite de voyager pour visiter la tombe de l’Elu que Allah l’augmente en degré et le préserve de ce qu’il craint pour sa communauté mais aussi sur le fait qu’il réfute l’effectivité du divorce conditionnel. Et il m’est apparu évident concernant son état qu’on ne pouvait se fier à lui lorsqu’il prétendait rapporter quelque chose qui n’avait jamais été entendu auparavant –et cela à cause du fait qu’il s’empressait à communiquer sans même comprendre comme cela fut le cas concernant la question de l’héritage- ni même à ce qu’il put rédiger comme essai du fait qu’il tombait dans les amalgames en raison de sa compréhension erronée de ce qui était visé par les savants et du fait qu’il transgressait de loin les limites. Il connaissait beaucoup de choses par cœur mais pour autant il ne se revendiquait pas d’un chaykh et il ne prenait pas les sciences de la manière traditionnelle mais il les abordait en suivant ses passions avec beaucoup d’insolence, de fantaisie et d’insubordination. De plus, il m’est parvenu à son sujet la nécessité de ne surtout pas s’appuyer sur la grande majorité de ses écrits et que les gens de son époque se sont épuisés à rétorquer contre ses propos à tel point qu’il fut emprisonné par décision unanime des savants et des gouverneurs et cela jusqu’à sa mort »

Ṣalāḥou d-Dīn aṣ-Ṣafadiyy élève d’Ibnou Taymiyyah et de at-Taqiyy as-Soubkiyy dans son livre intitulé « Aﺀyānou l-ﺀaṣri wa aﺀwānou n-naṣri » (tome 1 page 66) a dit : « Il –c’est-à-dire Ibnou Taymiyyah- s’est singularisé par des propos étranges et parmi eux le fait qu’il ait fait prévaloir des avis connus comme étant faibles, considérés comme faisant défaut auprès de la majorité des savants. A cause d’eux il a failli tomber dans l’abîme ; ce qui l’a sauvé c’est que nous avons pu lui trouver une excuse et considérer qu’il s’est seulement trompé et Allah sait sa réelle intention et ce qu’il a considéré comme preuves prépondérantes pour tenir de tels propos. Cependant, son interdiction de rendre visite au prophète l’a mené à sa perte et cet affront lui a été fatal. Il l’a mené à la citadelle dans laquelle il a été emprisonné. Son [ancien] ami l’a rejeté et l’a eu en horreur. Il n’est pas sorti de cette citadelle si ce n’est sur une civière et il ne l’a quitté que pour un bout de terre stérile ». Il a fini par dire ceci à son sujet après l’avoir loué auparavant à plusieurs reprises.

Adh-Dhahabiyy contemporain d’Ibnou Taymiyyah a loué dans les premiers temps son statut mais lorsqu’il a découvert son état véritable il l’a dénoncé dans une lettre intitulée Bayānou zaghali lﺀilmi wa ṭ-ṭalab (p 17-18) ; il a dit : « Je jure par Allah que mes yeux n’ont vu personne de plus savant et de plus intelligent qu’un homme appelé Ibnou Taymiyyah. En plus d’être indifférent aux mets raffinés, aux vêtements luxueux et aux plaisirs de la chair, il était aux premières loges lorsqu’il s’agissait de défendre la vérité. Je l’ai ensuite observé et étudié de longues années, jusqu’à l’épuisement et je n’ai pas trouvé de raison expliquant le fait qu’il ait été boudé, détesté, méprisé, démenti et considéré comme apostat par les habitants du Chām et d’Egypte si ce n'est son arrogance et son infatuation, son obsession débordante pour le pouvoir religieux, la tribune et sa haine des savants. Regarde donc où mène le mal de l’ostentation et des prétentions sans fondement, qu’Allah nous en préserve ! C’est alors qu’un groupe de gens s’est opposé à lui ; ils ne faisaient pourtant pas preuve de plus de piété qu’il semblait en avoir, ne le dépassaient pas en science et n’étaient pas plus ascètes qu’il semblait l’être. Au contraire, ils dépassaient plutôt leurs semblables en péchés et bassesses. Ce n’est donc pas la piété ni même la noblesse de caractère qui les a mobilisés contre lui mais bel et bien ses propres péchés. Et ceux qu’Allah a éloignés de lui et de ses disciples sont bien plus nombreux encore. Ils n’ont eu que ce qu’ils ont mérité. N’aies donc aucun doute à ce sujet ». Adh-Dhahabiyy est bien l’auteur de cette lettre ; le ḥāfiẓ as-Sakhāwiyy l’a transcrit dans son livre al ‘Iﺀlālou bi t-tawbīk (p 77). Il a dit : « j’ai certes vu de lui – c’est-à-dire de Adh-Dhahabiyy- la croyance salvatrice ainsi qu’une lettre bénéfique écrite par ses soins à Ibnou Taymiyyah afin de réfuter toute appartenance à son idéologie sectaire ».

Il a dit aussi dans un autre passage : « Si jamais tu avais excellé dans les fondements de la science et dans d’autres domaines tels que la logique, l’éthique et la philosophie, et la science relative à ce dont la raison peut concevoir l’existence mais que l’esprit ne peut imaginer ; que tu t’étais attaché au Livre, à la Sounnah et à la croyance des salafs ; et que tu avais réuni la science rationnelle et la science des Textes, tu n’aurais probablement pas atteint ni même approché le niveau d’Ibnou Taymiyyah. Et pourtant tu as bien vu comment il a été dénigré et abandonné, accusé de tromperie, d’apostasie et de menterie. Avant qu’il ne commette ses atrocités, il avait le visage et les traits illuminés des salafs, mais par la suite, il est devenu noir aux yeux des gens, obscurci par une éclipse de ténèbres ; un escroc, un imposteur et un mécréant aux yeux de ses ennemis ; un innovateur avéré, excessif et rusé aux yeux des raisonnables et des bienfaisants ».

Et parmi ce qu’a pu dire adh-Dhahabiyy au sujet d’Ibnou Taymiyyah il y a ce que le ḥāfiẓ Ibnou Ḥajar al ﺀAsqalāniyy a transcrit dans son ouvrage intitulé ad-Dourarou l-kāminah : « quant à moi –c’est-à-dire adh-Dhahabiyy – je ne considère pas qu’il est infaillible mais je suis en profond désaccord avec lui dans les sujets qui touchent aux fondements comme dans leurs ramifications».

Il est donc clair qu’adh-Dhahabiy l’a blâmé à cause du fait qu’il s’est enlisé dans la philosophie et les propos infâmes, ceux des innovateurs dans la croyance tels que les mouﺀtazilah et les assimilateurs. Cette condamnation rend vaine l’éloge qu’il a pu faire d’Ibnou Taymiyyah auparavant lorsqu’il a dit : « mes pupilles ne lui ont pas trouvé de semblable ; on aurait dit qu’il avait la Sounnah devant les yeux. »

Et nous citerons un peu plus loin ce qui a été dit au sujet de sa biographie, de son emprisonnement et les savants et gouverneurs qui se sont élevés contre lui.

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الحَمْدُ لله رَبِّ العَالَمِيْنَ

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.