بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم


Le Ḥāfiẓ Ibnou Ḥaĵar dans son livre intitulé Ad-Dourarou l-kāminah a dit lorsqu’il a évoqué la biographie d’Ibnou Taymiyyah : « Aḥmad ibnou ﺀabdi l-Ḥalīm est né en 661 de l’hégire ; son père l’emmena avec lui lorsqu’il quitta la ville de Harrān en 667. Parmi ceux dont il prit la science il y a Ibnou ﺀAbdi d-Dā’im, Al Qāsim al Irbilīyy, Mouslim ibnou ﺀAllān, Ibnou Abī ﺀAmr et de al Fakhr ; il lut également sur certains autres.

Et c’est au mois de Rabī al Awwal de l’an 698 qu’il fut désavoué pour la première fois à cause de ses dires ; un groupe de savants s’insurgea contre lui à cause de ce qu’il avait écrit dans son livre intitulé « al fatwā al ḥamawiyyah ». Ils débattirent avec lui de chaque point sans qu’il ne puisse trouver aucun argument pour sa défense. Et lorsqu’il se trouva en présence du juge Imāmou d-Dīn al Qazwīnīyy il se repentit. C’est alors que le juge et son frère Ĵalālou d-Dīn dirent : « Celui qui trouve à redire sur le chaykh Taqiyyou d-Dīn, nous le réprimanderons ».

Puis en l’an 705, pour la deuxième fois, on lui demanda de se rendre en Egypte ; c’est alors que Baybars al Ĵachnakīr s’opposa à lui, rejoint par Sallār. Ceci le conduit à être écroué un certain temps dans la prison « Khizānatou l-bounoūd ». Il fut ensuite transféré vers Alexandrie au mois de ṣafar de l’an 709 ; de là, il fut renvoyé au Caire puis à nouveau ramené à Alexandrie. An-Nāṣir fit alors le déplacement de la ville de Kark et le libéra. Ibnou Taymiyyah revint alors à Damas à la fin de l’an 712. Cette mise à l’épreuve fut la conséquence d’un décret émis par le sultan invitant son second à vérifier la croyance d'Ibnou Taymiyyah à cause de tout ce qui était parvenu de lui comme transgressions. Il réunit donc une assemblée de savants qui l’interrogea sur sa croyance le 7 du mois de raĵab ; il en expliqua alors une partie. Puis ils amenèrent un de ses livres connu sous le nom de « al ﺀ aqīdatou l-wāsiṭiyyah » et en examinèrent certains passages. Ils se réunirent ensuite le 12 puis ils firent venir aṣ-Ṣāfiy l-Hindiyy afin qu’il examine son cas par lui-même. Ils invitèrent ensuite al Kamāl az-Zamalkāniyy et cette situation finit par aboutir à ce qu’Ibnou Taymiyyah atteste qu’il partageait la même croyance qu’ach-Chāfiﺀiyy. Les disciples d’Ibnou Taymiyyah propagèrent alors qu’il en était sorti vainqueur ce qui provoqua la colère de ses ennemis et les poussa à présenter l’un d’entre eux devant le suppléant du juge de la juridiction, al Ĵalāl al Qazwīniyy qui le réprimanda. Et le juge ḥanafiyy fit de même avec deux autres d’entre eux.

Puis le 12 du mois de raĵab, Al Miziyy lu dans la mosquée un passage du livre intitulé « Afﺀālou l-ﺀibād » d’al Boukhāriyy. Mais lorsque certains chāfiﺀiyyah présents dans l’assemblée l’entendirent, ils se mirent en colère et lui dirent : « C’est nous que tu vises par cela! » Ils le présentèrent alors devant le juge chāfiﺀiyy qui ordonna son incarcération. Lorsque ceci parvenu aux oreilles d’Ibnou Taymiyyah, il se rendit à la prison et le fit sortir de ses propres mains. Lorsque le juge eu écho de cela il partit pour la citadelle et c’est alors qu’Ibnou Taymiyyah vint à lui. Ils se disputèrent en présence du vice-sultan et Ibnou Taymiyyah se montra virulent envers le juge accusant son suppléant Ĵalālou d-Dīn d’avoir nuit à ses compagnons en l’absence du vice-sultan. Ce dernier chercha alors à mettre fin à la discorde et ordonna au crieur public d’annoncer que quiconque polémiquerait dans le sujet de la croyance serait puni. Puis à la fin du mois de raĵab, il organisa une réunion dans laquelle Ibnou z-Zamalkāniyy débattu avec Ibnou l-Wakīl. Et le premier de dire au second : « De quoi peuvent bien se plaindre les chāfiﺀiyyah pour te désigner comme leur représentant? » Mais le juge Naĵmou d-Dīn ibnou Ṣaṣrā se sentit personnellement visé ; il présenta alors sa démission et se leva mais les dignitaires le réhabilitèrent et le vice-sultan lui confirma sa fonction. Les ḥanafiyyah considérèrent cette décision valide tandis que les malikiyyah la remirent en cause. [Le juge Naĵmou d-Dīn ibnou Ṣaṣrā] retourna à sa place et souligna l’invalidité de cette décision et se résolut à la démission. Le vice-sultan ordonna à ses délégués d’en informer le sultan pour obtenir son verdict.

Et à la fin du mois de chaﺀbān, une missive ordonna sa réhabilitation ; suivie d’une autre, le 5 de Ramaḍān, convoquant le juge et Ibnou Taymiyyah, les pressant d’expliquer les faits survenus en 698. Par la suite le serviteur du vice-sultan fit le déplacement et rapporta que al Ĵachnakīr ainsi que le juge mālikiyy avaient désavoué le chaykh [Ibnou Taymiyyah] et que l’affaire avait provoqué un tel scandale au sein des ḥanābilah que certains d’entre eux avaient frappé du poing sur la table.

C’est alors que le juge et Ibnou Taymiyyah se rendirent au Caire accompagnés d’une délégation. Ils arrivèrent au début de la dernière dizaine du mois de Ramaḍān. Et le troisième de ces dix derniers jours, après la prière du vendredi, une assemblée fut organisée. Le juge mālikiyy intenta alors un procès contre Ibnou Taymiyyah mais ce dernier dit : « Cet homme est mon ennemi » et refusa de répondre à l’accusation. Et après maintes réitérations il se muta dans son silence. C’est alors que le juge ordonna son incarcération ; il fut donc emmené et emprisonné dans une des tours [de la citadelle].  Mais il parvint aux oreilles du juge que des gens fréquentaient l’endroit pour le voir ; il dit alors : « si on le laisse en vie il faut l’isoler encore plus, mais si sa mécréance est avérée alors ce sera l’exécution ». C’est alors que dans la nuit de ﺀĪd al-fiṭr il fut extrait de sa cellule et jeté aux oubliettes. Puis lorsque le juge chāfiﺀiyy repris ses services, il fit annoncé aux gens de Damas que celui qui adopterait pour croyance celle d’Ibnou Taymiyyah son sang et ses biens deviendraient licites en particulier ceux qui se réclamaient de l’école hanbalite. L’annonce publique fut criée et le décret lu et Ibnou ch-Chihāb Maḥmoūd le lu également dans la mosquée. Les ḥanābilah des quartiers d’aṣ-Ṣāliḥiyyah et autres furent rassemblés afin de témoigner qu’ils avaient pour croyance celle de l’imam ach-Chāfiﺀiyy.

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الحَمْدُ لله رَبِّ العَالَمِيْنَ

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.