بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم


 

Dans son livre « Dafﺀou choubhi man chabbaha wa tamarrad » et après avoir cité le décret du roi Qalāwoūn – sur lequel nous reviendrons plus tard – Taqiyyou d-Dīn al Ḥouṣniyy a dit au sujet d’Ibnou Taymiyyah : « Et j’ajoute à cela le témoignage d’Ibnou Chākir, l’auteur de « Ouyoūnou t-tawārīkh » - connu sous le nom de Ṣalāḥou d-Dīn al Koutoubiyy ou encore at-Tarīkiyy – et ancien partisan d’Ibnou Taymiyyah. Il a cité un exemple probant lorsqu’Ibnou Taymiyyah a dit une fois au muezzin du minaret « al Aroūs » alors que l’aube ne s’était pas encore levée : « Tu es sorti de l’Islam ! ». Tout cela parce que ce muezzin avait récité le vers de poésie suivant :

أَلَا يــــا رَسُـــــولَ اللهِ أَنْـــتَ وَسِـــيـــْلَــتـــِي      إلـــى اللهِ فـــي غُـــفـــْرانِ ذَنْـــبِـــي وَزَلَّـــتِــــي

‘Alā yā rasoūla l-Lāhi ‘anta wasīlatī        ila l-Lāhi fī dhanbī wa zallatī

qui signifie :

Ô Messager de Dieu par toi je peux certes espérer

Que Dieu me pardonne mes fautes ainsi que mes péchés

[En réalité c’est Ibnou Taymiyyah qui est sorti de l’Islam pour avoir accusé à tort le muezzin de blasphème]. Les juges exigèrent alors de lui qu’il revienne à l’Islam sous peine de mort.

Je rapporte sa parole car c’est un témoignage ô combien éloquent de la réalité d’Ibnou Taymiyyah et un argument [de plus] contre lui. Et cela malgré le fait qu’Ibnou Chākir a omis de citer de nombreux faits qui révèlent sa fourberie et sa mesquinerie en ce qu’ils comportent comme démesure et mépris vis-à-vis de ceux qui le prenaient pour référence. Il est tellement surprenant qu’Ibnou Taymiyyah lui-même en fasse part et qu’Ibnou Chākir n’en dise pas un mot ! »

 

Abou l-Ḥasan Aliyy ad-Dimachqiyy a rapporté de son père, dans son livre intitulé Ṣaḥnou l-Ĵāmiﺀi l-Oumawiyy : « Nous étions assis dans l’assemblée d’Ibnou Taymiyyah, il récitait, exhortait, et examinait les versets relatifs à l’istiwā’ jusqu’à ce qu’il dise : « l’istiwā’ de Dieu par rapport au trône c’est comme ma position actuelle ». C’est alors que les gens se précipitèrent sur lui comme une seule et même personne et le firent descendre. Ils se mirent à le frapper avec leurs poings et leurs chaussures puis le conduisirent auprès des autorités. Les savants rejoignirent l’assemblée. Il essaya de se mesurer à eux mais ils lui dirent : « Sur quoi t’es-tu basé pour avancer ce qui est provenu de toi ? » Il répondit : « Dieu dit : ﴾ الرَّحۡمـٰنُ عَلى العَرۡشِ اسۡتَوَى ﴿.» Ils se mirent à rire de lui et comprirent qu’ils avaient en face d’eux un ignare qui n’appliquait pas les règles de l’exégèse. Puis ils l’emmenèrent ailleurs pour examiner son cas en profondeur. Ils lui dirent alors : « Que dis-tu au sujet de la parole de Dieu  فَأَيۡنَمَا تُوَلُّواْ فَثَمَّ وَجۡهُ اللهِ ﴿ ? Les réponses qu’il leur apporta les persuadèrent de son ignorance évidente, qu’il ne savait pas ce qu’il disait et que l’éloge des gens du commun à son égard ainsi que celle des léthargiques -parmi les fouqahā’ qui ne maîtrisent pas les sciences par le biais desquelles les preuves, dans leur globalité, s’agrègent de la manière qui convient- l’avait à elle seule indubitablement trompé.

Et j’ai certes vu dans ses fatāwā ce qui est en lien avec sa mauvaise interprétation de l’istiwā’. Et il s’est véritablement étendu sur le sujet en citant des choses qui dans leur intégralité sont des travestissements de la réalité et des maquillages de preuves, en complète contradiction avec les règles admises par les gens de vérité. Celui qui y prête attention -s’il ne fait pas partie des érudits, ne fait pas preuve de discernement, ni d’une réflexion approfondie- pourrait [malheureusement] considérer sa méthode de raisonnement consensuelle. Et parmi ces choses qu’il a affirmées et sur lesquelles il a insisté il y a la parole suivante : « certes Allah est véritablement avec nous et Il est véritablement au-dessus du trône tel que Allah les a réuni dans Sa parole :

﴿هُوَ ٱلَّذِى خَلَقَ ٱلسَّمَاوَاتِ وَٱلأَرۡضَ فِى سِتَّةِ أَيَّامٍ ثُمَّ ٱسۡتَوَىٰ عَلَى ٱلۡعَرۡشِ يَعۡلَمُ مَا يَلِجُ فِى ٱلأَرۡضِ وَمَا يَخۡرُجُ مِنۡهَا وَمَا يَنزِلُ مِنَ ٱلسَّمَآءِ وَمَا يَعۡرُجُ فِيهَا وَهُوَ مَعَكُمۡ أَيۡنَ مَا كُنتُمۡ وَٱللَّهُ بِمَا تَعۡمَلُونَ بَصِيرٌ﴾

Allah nous a donc informé qu’Il est au-dessus du trône qu’Il sait tout et qu’Il est avec nous où que nous trouvions. » Et ceci est l’expression d’Ibnou Taymiyyah mot pour mot. » 

Al Ḥouṣniyy a dit : « Revenons à la parole d’Ibnou Chākir al Koutoubiyy dans le vingtième tome de son livre ﺀOuyoūnou t-tawārīkh : « Le huit de raĵab de l’an sept cent cinq une assemblée de juges et de spécialistes du droit fut réunie dans le château de al Ablaq [au Caire] en présence du vice-sultan. Ibnou Taymiyyah fut alors interrogé sur sa croyance ; il en cita une partie. Puis on apporta son livre intitulé al aqīdatou l-wāsiṭiyyah. Il fut lu à haute voix et sujet à de nombreux examens mis à part certaines questions qui furent reportées à une deuxième séance. Puis ils se réunirent à nouveau le vendredi douze du mois de raĵab et Ṣafiyyiou d-Dīn al Hindiyy assista à la réunion. Ils examinèrent les écrits d’Ibnou Taymiyyah et se mirent d’accord pour que Kamālou d-Dīn ibnou z-Zamlakāniyy se confronte à lui et fasse triompher la vérité. Ils furent tous satisfaits de cela et Kamālou d-Dīn fit taire Ibnou Taymiyyah grâce à des preuves indiscutables. C’est alors qu’Ibnou Taymiyyah eut peur pour sa vie et invoqua les personnes présentes de témoigner qu’il suivait l’enseignement de l’école chāfiite et que sa croyance était celle de l’imam ach-Chāfiiyy. Ils se satisfirent alors de cela et quittèrent les lieux.

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الحَمْدُ لله رَبِّ العَالَمِيْنَ

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.