بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم


 

Nous nous sommes empresser de faire suivre cette réponse et ses différentes parties par la correspondance de son altesse. Et le vingt-sept de raĵab al-fard de l’an sept cent vingt-six au Caire La Préservée les quatre juges ont écrit de leur main la retranscription ci-dessous :

« La louange est à Allah. Ceci est une réponse à sa parole selon laquelle visiter la tombe des prophètes et des saints serait une mauvaise innovation, et qu’il ne serait pas permis de raccourcir la prière si le but du voyage est de visiter la tombe des prophètes. Ces paroles sont infondées et inacceptables. Certes, nombre de savants parmi les plus grands ont rapporté que la visite du Messager est méritoire et conforme à la tradition prophétique et que cette question fait l’objet d’un consensus. Et il est primordial d’empêcher Ibnou Taymiyyah de donner ce genre d’avis et de jugements invraisemblables et il faut même l’emprisonner s’il ne veut pas s’arrêter. Il convient également de mettre les gens au courant de son cas pour ne pas qu’ils le suivent. Mouḥammad ibnou Ibrāhīm bni Ĵamāah ach -Chāfiiyy ainsi que Mouḥammad ibnou l-Ḥarīriyy al Anṣāriyy sont allés dans ce sens, de même Aḥmad ibnou Oumar al Maqdisiyy al Ḥanbaliyy et Mouḥammad ibnou abī Bakr al Mālikiyy d’ajouter que si ces faits sont avérés alors qu’on le réprimande autant qu’il le faut pour venir à bout de ces égarements.

Et le vendredi vingt-quatre du mois de chabān le juge des juges Ĵalālou d-Din s’asseya après la prière dans al Madrassatou -l Ādiliyyah et fit appeler certains des adeptes d’Ibnou Taymiyyah parmi ceux qui étaient incarcérés dans la prison d’ach-Char et il accusa Imādou d-Dīn ibnou Kathīr Sahrou l-Maziyy que la Torah et l’Evangile n’avaient pas été falsifiées mais qu’elles étaient comme elles avaient été révélées. Plusieurs personnes témoignèrent contre lui et il fut alors fouetté dans l’assemblée même puis on le fit sortir et passer entre les gens en annonçant publiquement : « ceci est la manière dont on punit celui qui dit que la Torah et l’Evangile n’ont pas été falsifiées ». A la suite de quoi il fut relâché. Puis Abdou l-Lāh al ‘Iskandariyy fut convoqué à son tour et accusé d’avoir dit que les muezzins de la grande mosquée avaient mécru pour avoir dit du haut du minaret :

أَلَا يــــا رَسُـــــولَ اللهِ أَنْـــتَ وَسِـــيـــْلَــتـــِي      إلـــى اللهِ فـــي غُـــفـــْرانِ ذَنْـــبِـــي وَزَلَّـــتِــــي

‘Alā yā rasoūla l-Lāhi ‘anta wasīlatī        ila l-Lāhi fī dhanbī wa zallatī

qui signifie :

Ô Messager de Dieu par toi je peux certes espérer

Que Dieu me pardonne mes fautes ainsi que mes péchés

 

Il se défendit en disant qu’il avait reconnu les faits devant le juge des juges Chamsou d-Dīn ibnou Mouslim et qu’il était revenu à l’Islam en prononçant les deux témoignages devant lui et que le juge avait accepté son repentir, épargné son sang et lui avait laissé ses responsabilités et son épouse. On le conduit alors auprès du juge ḥanbaliyy afin de vérifier ses dires.

Puis on convoqua aṣ-Ṣalāḥ al Koutoubiyy ad-Dārāniyy qui fut accusé d’avoir dit qu’il n’y avait pas de différence entre les pierres de Tahāratou Jiroūn [1] et celles du rocher de Jérusalem. Il nia mais on apporta les preuves du contraire. Puis on convoqua Ibnou l-Qayyim al Ĵawziyyah qui était à l’origine de cette parole et on lui reprocha ce qu’il avait dit dans les deux assemblées : celle de Jérusalem et de Naplouse. Il réfuta les faits alors même qu’une délégation de juristes et de gens dignes de confiance avaient fait le voyage jusque là-bas et parmi eux l’enseignant de aṭ-Ṭarkhāniyyah. Ils témoignèrent à charge de ce qu’ils avaient entendu à Naplouse et les faits furent avérés. C’est alors que le juge des juges Ĵalālou d-Dīn réprimanda Abdou l-Lāh al Iskandariyy ainsi que Ṣalāḥ ad-Dārāniyy et un autre qui s’était mal conduit en disant : « Tous ceux qui ont trouvé à dire sur Ibnou Taylmiyyah sont des menteurs et j’ai envie de les frapper à coups de souliers ! » Ils furent tous trois placés sur des ânes sans être mis à l’envers et frappés sur la nuque avant d’être ramenés en prison.

Le mardi suivant, les mālikites arrivèrent en fin de journée et prirent Ibnou Qayyim al Ĵawziyyah jusqu’à leur prison. Le lendemain ils l’emmenèrent auprès du juge Charafou d-Dīn al Mālikiyy et lui jetèrent des accusations auxquelles il ne sut pas rétorquer si ce n’est qu’il évoqua le juge des juges ḥanbalite comme ayant épargné son sang et accepté son repentir. Ils le ramenèrent alors en prison et l’y laissèrent jusqu’à ce que le juge revienne au pays pour vérifier ses dires. On escorta alors le juge ḥanbalite et autre que lui auprès du juge des juges Ĵalālou d-Dīn car la décision concernant le prévenu lui appartenait. Ce dernier convoqua Ibnou Qayyim le vingt-sept du mois et le condamnèrent dans al Madrassatou -l Ādiliyyah à être fouetté et baladé entre les gens à dos d’âne. Ils le prirent jusqu’à aṣ-Ṣāliḥiyyah et le soir venu ils le ramenèrent en prison. Ils informèrent le vice-sultan de ce qu’ils avaient fait. Il envoya alors Mouchiddou l-Awqāf récupérer le prévenu des mains du juge des juges Ĵalālou d-Dīn et l’emmena à la citadelle dans laquelle il fut emprisonné les mains liées alors que les autres furent relâchés. Et toute cette agitation finit par se taire ».



[1] Jiroūn est un petit village près de l’oasis de Damas

 


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الحَمْدُ لله رَبِّ العَالَمِيْنَ

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.