بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم


 

Le décret d’Ibnou Qalāwoūn concernant Ibnou Taymiyyah

Bismi l-Lāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm, la louange est à Allah qui est exempt d’avoir un semblable ou un homologue et qui n’a pas d’équivalent. Allah azza wa ĵalla dit :
﴾لَيۡسَ كَمِثۡلِهِ شَيۡءٌ وَهُوَ ٱلسَّمِيعُ ٱلۡبَصِيرُ﴿ ce qui signifie « Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit ». Je le loue pour nous avoir permis d’œuvre conformément au Livre et à la tradition prophétique et qui a levé à notre époque toute raison de douter ou d’être incrédule. Je témoigne qu’il n’y a de dieu que Dieu Qui est Unique et Qui n’a pas d’associé comme témoignent tous ceux qui espèrent par leur sincérité la bonne fin et qui exemptent leur Créateur de se trouver dans une direction en raison de Sa parole ﴾وَهُوَ مَعَكُمۡ أَيۡنَ مَا كُنتُمۡ وَٱللَّهُ بِمَا تَعۡمَلُونَ بَصِيرٌ﴿ qui signifie « Il sait tout de vous où que vous soyez et Il voit ce que vous faîtes ». Et je témoigne que notre maître Mouḥammad est Son plus ferme adorateur et Son Messager lui qui a montré le chemin de la réussite pour celui qui emprunte la voie qu’il approuve. Lui qui a ordonné de méditer sur les bienfaits d’Allah et interdit de réfléchir sur Sa réalité. Que Allah l’élève en degré ainsi que sa famille et ses compagnons par lesquels le phare de la foi s’est élevé. Par eux Allah a propagé les lois de la religion parfaite qu’Il a prescrite et fait taire ceux qui ont quitté la vérité et penché vers l’innovation.

Certes les croyances de la religion, les lois préservées de l’Islam, les piliers élevés de la foi, les écoles religieuses reconnues, sont ce sur quoi se base et s’appuie tout un chacun, la voie par laquelle celui qui l’emprunte obtient la réussite éminente, et sans laquelle celui qui s’en écarte mérite le châtiment ultime. C’est la raison pour laquelle il est obligatoire de faire appliquer les jugements qui en découlent et s’assurer que cela reste ainsi dans le temps, de sauvegarder les croyances de la communauté de toute déviation et embellir les règles des imams en s’y conformant, d’enrailler les agitateurs d’hérésies et isoler ces groupes déviés de l’ensemble de la communauté.

A cette époque Ibnou Taymiyyah laissait libre cours à sa plume et son ignorance le conduit à ne plus mesurer ses mots, et s’exprima sur les questions relatives à l’Etre de Allah et Ses attributs, et tint explicitement des propos sans fondements sur des sujets condamnables. Il osa manifester sa pensée là où les compagnons et les successeurs se s’étaient abstenus et parler de sujets que les plus érudits parmi les savants pieux évitèrent d’aborder. Il innova ce que les savants de l’Islam avaient rejeté et se résolu à contredire le consensus des savants et gouverneurs. Parmi ses avis il proclama dans le pays ce que la raison des gens du commun dédaigne, et démentit en cela les juristes de son époque et les savants du Chām et d’Egypte. A cause de ses écrits il fut envoyé aux quatre coins de l’Etat et il a donné des noms à ses fatwas qui ne reposent en rien sur que Allah a révélé.

Lorsque nous prirent connaissance de cela et des voies diaboliques que ses adeptes avaient empruntées pour le suivre dans ses positions, qu’ils les manifestèrent au grand jour et les propagèrent, et que nous sûmes qu’il avait invité son public à le rejoindre dans son égarement et qu’ils obtempérèrent sans sourciller -à tel point qu’on rapporta à leur sujet qu’ils avaient formellement consentis que Allah parlait avec des lettres et des sons, qu’Il ressemblait à Ses créatures et qu’Il était un corps- nous nous indignâmes, effarés par cette nouvelle terrible, et nous condamnèrent fermement cette hérésie. Il nous fut pénible de concevoir que ce que nous avions entendu puisse être propagé par des gens affiliés à notre état. Nous avions profondément détesté les paroles de ses corrupteurs et nous avions alors récité Sa parole taālā
﴾سُبۡحَانَ ٱللَّهِ عَمَّا يَصِفُونَ﴿. Certes Il est exempt d’avoir un égal ou un semblable à Son Etre ou à Ses attributs ﴾لاَّ تُدۡرِكُهُ ٱلأَبۡصَارُ وَهُوَ يُدۡرِكُ ٱلأَبۡصَارَ وَهُوَ ٱللَّطِيفُ ٱلۡخَبِيرُ﴿. Et dès que ses fatwas commencèrent à circuler nous émîmes nos décrets pour le convoquer à nos portes lui qui y écrivit des mots tels qu’une personne douée de raison ne puisse les entendre sans réciter aussitôt Sa parole ﴾لَّقَدۡ جِئۡتَ شَيۡئًا نُّكۡرًا﴿.

Lorsqu’il arriva, nous nous rendîmes auprès des dépositaires du pouvoir et des spécialistes des textes et de l’authentification. Les juges, les gouverneurs, les savants et les juristes arrivèrent. Une séance fut ouverte pour délibérer sur son cas devant un public d’imams et d’experts dans le domaine de la révision et de la réplique. Tous les faits qui lui étaient reprochés furent alors avérés sur la base sa propre écriture témoignant de sa doctrine abjecte. L’assemblée se sépara en condamnant sa croyance abominable et le punirent pour ce qui était confirmé à son sujet en récitant Sa parole ﴾سَتُكۡتَبُ شَهَادَتُهُمۡ وَيُسۡأَلُونَ﴿. Il nous a été rapporté que les juges exigèrent auparavant de lui qu’il se repente et cela à plusieurs reprises. Et la noble charīah de repousser son exécution à chaque fois qu’il y était exposé [et qu’il prononçait les deux témoignages]. Mais il revenait à ce qui lui avait été défendu de dire comme s’il n’entendait pas ces interdictions.

Et ceci se confirma dans l’assemblée du gouverneur mālikite qui ordonna conformément à la loi qu’on emprisonne Ibnou Taymiyyah et qu’on l’empêche d’exercer ou de se montrer. Il ordonna aussi qu’on émette ce décret visant à dissuader quiconque d’emprunter la voie dans laquelle il s’était lui-même engagé et qu’on dissuade quiconque de croire que Dieu ressemble à Ses créatures, de suivre Ibnou Taymiyyah dans ses propos, de prêter l’oreille aux termes qu’il a utilisés, de marcher dans ses pas en attribuant à Allah des semblables, de prétendre comme il l’a fait que Dieu serait dans la direction du haut, de prétendre comme lui que la Parole de Allah est faite de sons et de lettres, d’ouvrir la bouche pour dire de telles choses jusqu’à la mort, de dire que Dieu est un corps, de dire eu sujet de Dieu des choses non conformes à la religion, de s’écarter des avis émis par les imams, de se singulariser des savants de la communauté, de dire que Dieu s’incarne dans une direction ou qu’Il est concerné par l’endroit ou le comment car celui qui croit cela ne mérite rien d’autre que le fer de l’épée.

Que chacun se garde de franchir cette limite ; certes ce qui est arrivé et ce qui va arriver est par la Volonté de Dieu et Sa Prédestination. Et il incombe à tous ceux qui se réclament mensongèrement de l’école ḥanbalite qu’ils abandonnent cette croyance et reviennent à l’Islam et délaissent ces dissensions tellement aberrantes. Qu’ils s’attachent à ce que Allah a ordonné en suivant les écoles dignes d’estime que les imams pieux ont fondées. Et celui qui refuse de se soumettre à l’ordre de Dieu s’est certes égaré du chemin de droiture. Celui-là, il sera mis à l’écart et la prison sera sa demeure et son lieu de repos et quel piètre endroit pour se reposer !

Et nous avons décrété qu’il sera crié à Damas La Protégée ainsi que dans les pays du Chām et dans les contrées proches et lointaines la sérieuse mise en garde, l’intimidation et la menace contre celui qui suivra Ibnou Taymiyyah dans les égarements que nous avons mis en exergue.  Et celui qui le suivra nous le mettrons dans le même endroit et nous rendrons son sang licite [à moins qu’il ne se repente en revenant à l’Islam] et nous le dévoilerons aux yeux de la communauté comme nous l’avons fait pour lui. Et celui qui se résout à défier l’interdiction et se refuse à ne pas prendre sa défense, nous ordonnerons qu’il soit démis de ses fonctions, privé de son rang et méprisé et qu’il ne leur soit confié dans leur région aucune tâche, aucun pouvoir, aucune autorité, aucune chaire, aucun titre, aucun imamat, ni même aucun statut ou droit de résidence. Nous avons certes fait taire l’appel de cet homme dans les territoires de l’Etat et nous avons démontré l’invalidité de la croyance par laquelle il a failli égarer ou égaré beaucoup de gens. [Et combien en a-t-il égarés de sorte que qu’ils infestent à leur tour nos terres de leur corruption. Et que les compte-rendu  juridiques faisant état des injonctions faites aux pseudos hanbalites de se repentir soient maintenus et consignés auprès des juges mālikites]. Et nous avons renoncé aux poursuites lorsqu’il s’est repenti, puis nous l’avons menacé et nous l’avons toujours fait conformément à la Loi.

Alors que ce décret soit lu sur les minbars afin que son caractère instructif et répressif impacte plus encore les consciences et, si Dieu le veut, que notre impartialité à ordonner le bien et interdire le mal résonne aux oreilles des gens et ne fasse pas l’ombre d’un doute.

La louange est à Allah et qu’Il accorde à notre prophète Mouḥammad davantage d’honneur et d'élévation en degrés ainsi qu’à sa famille et à ses compagnons bons et purs. Et plus haut, l’approbation écrite de la main de son altesse. Le 28 de Ramaḍān de l’an sept-cent-cinq ». 


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الحَمْدُ لله رَبِّ العَالَمِيْنَ

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.