Un jour, l’Emir des croyants, le calife ᵌUmar bnu l-Ḳaṭṭāb, que Allāh l’agrée, croisa un homme qui était accompagné de son fils ; c’est alors qu’il lui dit :

 

" ما رَأيْتُ غُرابًا بِغُرابٍ أَشْبَهَ مِن هَذا بِهَذا "

Mā ra’aytu ġurāban bi ġurābin ‘aṡbaha hāḋā bi hāḋā

 

Ce qui veut dire que l’enfant ressemblait beaucoup à son père comme le corbeau à un autre corbeau. Le père lui dit alors [ce qui signifie]: « Wa l-Lāh, Ô Emir des croyants, il est certes né alors que sa mère est décédée ». Et ᵌUmar de dire : « Wayḥak ! Et comment cela ?! ». L’homme lui répondit : « Je suis sorti un jour pour chercher ceci et cela, en laissant ma femme enceinte et je lui ai dit avant de partir :

 

" أَسْتَوْدِعُ اللهَ ما في بَطْنِكِ "

‘astawdiᵌu l-Lāha mā fī baṭniki

 

[Ce qui signifie :] « Je confies à Allāh ce qui est dans ton ventre ». Puis, lorsque je suis revenu de mon voyage, on m’a informé de son décès.

 

C’est alors qu’une nuit, durant laquelle je me trouvais à al Baqīᵌ avec mes cousins, j’aperçu dans le cimetière, une lueur qui ressemblait à celle d’une lanterne. Je leur dit : « qu’est-ce que c’est ? » Ils me répondirent : « Nous n’en savons rien mais nous voyons cette lumière toutes les nuits à la tombe d’unetelle ». J’ai donc pris une pioche et je me suis dirigé vers cette tombe mais elle était déjà béante, et j’y aperçu mon fils sur le giron de sa mère. Et lorsque je voulu m’approcher, j’entendis une voix me dire :

 

"أَيُّها المُسْتَودِعُ رَبَّهُ خُذْ وَدِيعَتَكَ، إنَّكَ لَو اِسْتَودَعْتَ أُمَّهُ لَوَجَدْتَها"

‘ayyuhā l-mustawdiᵌu rabbahu ḳuḋ wadīᵌataka, law istawdaᵌtahu ‘ummahu lawajadtahā

 

[ce qui veut dire] « Toi qui confies à son Seigneur, récupère ce que tu as confié, certes si tu Lui avais confié sa mère tu l’aurais sans aucun doute retrouvé ». Je pris alors l’enfant et la tombe se referma ».

 

 

cette histoire est tirée du livre « Man ᵌāṡa baᵌda l-mawt »

de ‘Abū Bakr ᵌAbdu l-Lāhi bnu Muḥammadin bni ᵌAbīdi bni Abi d-dunyā