بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم


La louange est à Allāh le Seigneur des mondes Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre maītre Mouḥammad Al-‘Amīn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’Islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Ādam au dernier Mouḥammad.

Dans le Qour’ān, Allah a ordonné à Son prophète de demander la préservation contre le mal de l’envieux par Sa parole taﺀālā :

{ قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ * مِن شَرِّ مَا خَلَقَ * وَمِن شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَ * وَمِن شَرِّ النَّفّـٰــثـــٰتِ فِى الْعُقَدِ * وَمِن شَرِّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَ }

(qoul ‘aﺀoūdhou birabbi l-falaq ; min charri mā khalaq ; wa min charri ghāsiqin ‘idhā waqab ; wa min charri n-naffāthāti fi l-ﺀouqad ; wa min charri hāsidin ‘idhā ḥasad)

Allah a ordonné que l’on se préserve du mal de l’envieux quand il envie, c'est-à-dire quand il manifeste son envie et agit donc en conséquence ; c’est à ce moment-là que son envie risque d’avoir un effet sur les autres. Mais s'il ne la manifeste pas, seul l’envieux en subit la nuisance à cause de la contrariété que cela lui procure.

Garde-toi de l’envie ! En effet, Qabīl, un des fils de 'Ādam n’a assassiné son frère qu’en raison de son envie. Garde-toi de l’envie car certes Allah tabāraka wa taﺀālā est Ar-Razzaq, Celui Qui accorde la subsistance. Il a partagé la subsistance entre Ses esclaves. Il n’y a donc pas une âme qui consommera la subsistance qui a été prédestinée à quelqu'un d'autre car ce que Allah a prédestiné a lieu et ne change pas.

C’est donc faire preuve d’une grande ignorance que d’agir pour profiter du bienfait de quelqu’un à sa place car si ce bienfait ne t'a pas été prédestiné, tu ne l’obtiendras jamais. Alors, n’occupes pas ton cœur avec cela et sois satisfait de la part que Allah t’a accordée, sinon tu iras à ta perte. Que Allah nous protège !

Il arrive souvent que la nuisance de l’envieux se retourne contre lui. Le ḥāfiẓ Aboū Nouﺀaym Al-'Asbahāniyy rapporte dans Al-Ḥilyah de Bakr Ibnou ﺀAbdi l-Lāh : « Dans le passé, un roi avait un huissier qu’il comptait parmi ses proches et qu’il consultait souvent. Cet huissier lui disait : ‟ Ô roi, agis avec bienfaisance avec le bienfaisant et laisse de côté le malfaisant, tu seras préservé de sa malfaisance. ” C’est alors qu’un homme l’envia en raison de sa proximité avec le roi et le calomnia. Il dit au roi : ‟ Cet huissier dit de toi que tu as une mauvaise haleine ! ” Alors, le roi lui dit : ‟ Comment pourrais-je être sûr qu’il dit vraiment cela ? ” L’homme lui répondit : ‟ Lorsqu’il viendra, rapproche-le de toi pour lui parler, il mettra sa main devant son nez. ”

Ensuite, ce calomniateur se rendit auprès de l’huissier et l’invita à manger. Il lui proposa un potage dans lequel il avait mis beaucoup d’ail. Le jour suivant, le roi appela son huissier pour lui parler et c'est alors qu’il mit sa main sur sa bouche. Le roi demanda à ce qu’on lui apporte un encrier pour écrire une missive qu’il scella et confia à l’huissier en lui disant : ‟ Va voir Untel ! ” Or, lorsque le roi agissait de la sorte, c’était habituellement pour le récompenser de cent mille.

A sa sortie, le calomniateur vint à l’huissier et lui dit : ‟ Qu’est-ce que c’est ? ” Il lui répondit : ‟ Le roi me l’a remise ˮ Alors, le calomniateur lui demanda s'il pouvait la lui donner, et il la lui donna.

Le calomniateur prit la lettre et se rendit chez son destinataire. Mais lorsque la lettre fut ouverte, on appela les bourreaux. Le calomniateur dit alors : ‟ Craignez Allah, je suis victime d’un malentendu, demandez au roi ! ”. Ils lui répondirent : ‟On ne peut pas solliciter le roi aussi facilement.

Dans cette lettre il était écrit : « Quand le porteur de cet missive arrivera, égorgez-le, dépecez-le et empaillez-le, puis envoyez-le-moi !" Alors, Ils l’égorgèrent, le dépecèrent ; et renvoyèrent sa dépouille chez le roi.

Lorsque le roi le vit, il s’en étonna et dit à l’huissier : ‟ Viens m’expliquer et dis-moi la vérité, quand tu t’es approché de moi pour me parler, pourquoi as-tu mis la main sur ton nez ?” L’huissier répondit au roi : ‟ Cet homme m’avait invité à sa table en m’offrant une soupe dans laquelle il y avait mis beaucoup d’ail. Il m’en a fait à manger et lorsque je me suis approché de vous, je ne voulais pas que vous subissiez la nuisance de l’ail ! ” Alors, le roi lui dit : ‟Reviens à ta place et continue à dire ce que tu disais ! Et le roi lui fit parvenir une grande somme d’argent. »

Ô Allah, nous Te demandons de nous protéger de l’envie.

 


 

L'huissier est à cette époque celui qui introduit les visiteurs auprès du roi. Il s'assure que les indésirables ne puissent pas passer la porte qui mènent au roi.


الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allāh, le Créateur du monde.