Cependant, le ḥadīṫ rapporté par Abū Dāwud :

إِنَّ الرُّقَى وَالتَّمَائِمَ وَالتِّوَلَةَ شِرْكٌ

(‘Inna r-ruqā wa t-tamā’ima wa t-tiwalata ṡirk), c’est-à-dire : « Certes les ruqā,  les tamā’im ainsi que la tiwalah sont du ṡirk », ne signifie pas que les tamā’im et les taᵌāwīḋ qui comportent du Qur’ān ou des évocations de Allāh seraient du ṡirk. Et le sens du mot tamā’im est connu dans la langue arabe et il s’agit des colliers que les arabes de la jāhiliyyah accrochaient au cou des enfants, tout comme les ruqā que le messager de Allāh a désigné comme étant du ṣirk sont les ruqā des gens de la jāhiliyyah et ce qui est de cet ordre. En effet, il ne s’agit en aucun cas des ruqā auxquelles le Prophète a eu recours et autre que lui parmi les compagnons ; et parmi les preuves de cela, le ḥadīṫ rapporté par l’imām Muslim dans son Ṣaḥīḥ (63/2199) d’après Jābir, que Allāh l’agrée :

حَدَّثَنَا أَبُو كُرَيْبٍ، حَدَّثَنَا أَبُو مُعَاوِيَةَ، حَدَّثَنَا الْأَعْمَشُ، عَنْ أَبِي سُفْيَانَ، عَنْ جَابِرٍ، قَالَ: نَهَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الرُّقَى، فَجَاءَ آلُ عَمْرِو بْنِ حَزْمٍ إِلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالُوا: يَا رَسُولَ اللهِ إِنَّهُ كَانَتْ عِنْدَنَا رُقْيَةٌ نَرْقِي بِهَا مِنَ الْعَقْرَبِ، وَإِنَّكَ نَهَيْتَ عَنِ الرُّقَى، قَالَ: فَعَرَضُوهَا عَلَيْهِ، فَقَالَ:  «مَا أَرَى بَأْسًا مَنِ اسْتَطَاعَ مِنْكُمْ أَنْ يَنْفَعَ أَخَاهُ فَلْيَنْفَعْهُ». 

C’est-à-dire : « (…) [Jābir] a dit : Le Messager de Allāh, ṣalla l-Lāhu ᵌalayhi wa sallam, a interdit les ruqā ; c’est alors que le 'ahl de ᵌamr bni ḥazm est venu auprès du Messager (…) et lui a demandé : « Ô Messager de Allāh, il y a certes chez nous une ruqyah par laquelle nous cherchons à nous protéger contre le [mal du] scorpion et certes tu as interdit les ruqā » ; il a dit : « et ils lui ont aussitôt montré [cette ruqyah] ». [Le Messager de Allāh] a alors dit : « Je ne vois pas de mal à ce que celui d’entre vous qui a la capacité de profiter à son frère le fasse ».

Et toujours d’après Jābir dans le même livre (Ṣaḥīḥ Muslim 62/2199) :

حَدَّثَنَا أَبُو بَكْرِ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ، وَأَبُو سَعِيدٍ الْأَشَجُّ، قَالَا: حَدَّثَنَا وَكِيعٌ، عَنِ الْأَعْمَشِ، عَنْ أَبِي سُفْيَانَ، عَنْ جَابِرٍ، قَالَ: كَانَ لِي خَالٌ يَرْقِي مِنَ الْعَقْرَبِ، فَنَهَى رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنِ الرُّقَى، قَالَ: فَأَتَاهُ، فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللهِ إِنَّكَ نَهَيْتَ عَنِ الرُّقَى، وَأَنَا أَرْقِي مِنَ الْعَقْرَبِ، فَقَالَ: «مَنِ اسْتَطَاعَ مِنْكُمْ أَنْ يَنْفَعَ أَخَاهُ فَلْيَفْعَلْ ».

C’est-à-dire : « (…) [Jābir] a dit : « J’avais un oncle maternel qui s’adonnait à la ruqyah pour se protéger du scorpion ; et le Messager de Allāh, ṣalla l-Lāhu ᵌalayhi wa sallam, avait interdit les ruqā. [Mon oncle maternel] est alors venu auprès [du Messager] et [lui] a dit : « Ô Messager de Allāh, certes tu as interdit les ruqā et moi j’y ai recours contre le [mal] du scorpion. C’est alors que [le Messager de Allāh lui a répondu] : « Celui d’entre vous qui est en mesure de profiter à son frère, qu’il le fasse ».

Et Muslim a également rapporté dans son Ṣaḥīḥ (64/2200), d’après ᵌAwfi bni mālik al ‘aṡjaᵌiyy:

حَدَّثَنِي أَبُو الطَّاهِرِ، أَخْبَرَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي مُعَاوِيَةُ بْنُ صَالِحٍ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ جُبَيْرٍ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَوْفِ بْنِ مَالِكٍ الْأَشْجَعِيِّ، قَالَ: كُنَّا نَرْقِي فِي الْجَاهِلِيَّةِ فَقُلْنَا يَا رَسُولَ اللهِ كَيْفَ تَرَى فِي ذَلِكَ فَقَالَ: «اعْرِضُوا عَلَيَّ رُقَاكُمْ، لَا بَأْسَ بِالرُّقَى مَا لَمْ يَكُنْ فِيهِ شِرْكٌ».

C'est-à-dire : « Nous avions recours à la ruqyah pendant la période de la jāhiliyyah, nous avons alors dit : « Ô Messager de Allāh, que dis-tu à ce sujet ? » Il a alors [répondu] : « Montrez-moi vos ruqā, il n’y a pas de mal en ce qui concerne les ruqā dans lesquelles il n’y a pas de ṡhirk ». Et ceci est une preuve claire qui confirme ce que nous disons depuis le début.

 

 

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».