On entend aujourd’hui des gens dire autour de nous que la récitation du Qur’ān pour les morts est interdite. Et ceux qui disent cela se prétendent pour la plupart salafistes et tentent de faire croire qu’ils sont sur la voie des salafs c’est-à-dire les savants des trois premiers siècles de l’hégire dont le Prophète a fait l’éloge.

Il faut savoir que ceci est faux et qu’en réalité ils appartiennent à la secte wahhabite qui a été fondée il y a environ deux cents cinquante années et dont le fondateur était un homme ignorant du nom de Muḥammad ibnu ᵌabdi l-Wahhāb. Cet homme s’est basé pour fonder sa secte sur les écrits d’ibnu Taymiyah et de son élève ibnu l-Qayim al Ĵawziyah, deux hommes du 7è siècle de l’hégire (soit trois cents ans après les derniers salafs) qui ont propagé à leur époque de nombreux égarements.

Ces trois hommes sont donc les premières références des wahhabites d’aujourd’hui. Pourtant nous allons vous montrer que tous les trois ont reconnu dans leurs livres que le fait de réciter le Qur’ān en faveur des morts est un bien et non pas une innovation interdite comme le prétendent les wahhabites.

Commençons par Aḥmad bnu Taymiyah qui a dit dans son livre très connu Maĵmūᵌ fatāwā p300 du 24è tome ce qui veut dire : « Mais s’il donne une ṣadaqah pour le mort à celui qui récite le Qur’ān ou à autre que lui, cela lui profite par unanimité des musulmans. Et de même, celui qui récite le Qur’ān pour que Allāh lui en accorde la récompense puis il dédie cette récompense au mort, cela lui profite. Et Allāh sait plus que tout autre ».

Ensuite Muḥammad ibnu ᵌAbdi l-Wahhāb qui a dit p75 de son livre intitulé ‘Aḥkāmu tamanni l-mawt ce qui veut dire : « Et Saᵌd az-Zanĵāniyy a rapporté de ‘Abū Hurayrah : « celui qui pénètre un cimetière et récite la Fātiḥah, « Qul huwa l-Lāhu ‘Aḥad », et « al hākumu t-takāṫur » puis dit : « Ô Allāh, je dédie la récompense de ce que j’ai récité de Ta parole aux habitants de ce cimetière parmi les croyants et croyantes », ils seront des ṣufaᵌā’ pour lui ».

Et ᵌAbdu l-ᵌAzīz le compagnon de al Ḳallāl a rapporté de lui sa chaîne qui remonte jusqu’à ‘Anas : « Celui qui entre dans un cimetière et récite sūratu Yā Sīn, Allāh leur  accordera un soulagement [c’est-à-dire aux morts], et il lui  sera accordé [c’est-à-dire à celui qui récite] des récompenses au nombre des morts qui y sont enterrés ».

Et enfin ibnu l-Qayim al Ĵawziyah qui a dit dans son livre ar-Rūḥ page 17 ce qui veut dire : « Et certes, il a été rapporté d’un groupe de salafs qu’ils recommandaient de réciter [le Qur’ān] auprès de leurs tombes lors de l’enterrement ; ᵌAbdu l-Ḥaqq a dit : « on rapporte de ᵌAbdu l-Lāh bni ᵌUmar qu’il a ordonné de réciter auprès de sa tombe sūratu l-Baqarah. Et parmi ceux qui ont vu cela, al Muᵌallā bnu ᵌAbdi r-Raḥmān et l’Imām ‘Aḥmad a d’abord réprouvé cela puisqu’il ne lui était pas parvenu de trace quant à cette pratique, puis il est revenu sur sa parole ».

Et al Ḳallāl a dit dans al Ĵāmiᵌ (chapitre de la récitation auprès des tombes) : « al ᵌAbbās bnu Muḥammad ad-Dūriyy nous a rapporté de Yaḥiā bni Maᵌīn de Mubaṡṡiri l-Ḥalabiyy de ᵌAbdu r-Raḥmān bni l-ᵌalā’i l-laĵlāĵ de son père ; il a dit : « Mon père a dit : « Si je meurs, dépose moi dans la tombe et dis « bismi l-Lāh wa ᵌalā sunnati rasūli l -Lāh » et répands sur moi de la terre puis récite auprès de ma tête le début de sūratu l-Baqarah. J’ai certes entendu ᵌAbdu l-Lāh bnu ᵌUmar dire cela. ᵌAbbās ad-Dūriyy a dit : « j’ai interrogé ‘Aḥmad bnu Ḥanbal : « tu as mémorisé quelque chose concernant le fait de réciter sur la tombe ? » Il a alors dit : « Non ». Puis j’ai interrogé Yaḥiā bni Maᵌīn c’est alors qu’il m’a narré ce ḥadīṫ ».

al Ḳallāl a dit : al Ḥasan bnu ‘Aḥmad al Warrāq m’a rapporté de ᵌAliyy bnu Mūsā al Ḥaddād - et il était quelqu’un de loyal – il a dit : « J’ai assisté à des funérailles avec ‘Aḥmad bnu Ḥanbal et Muḥammad bnu Qudāmah al Ĵawhariyy, puis lorsque le défunt fut enterré, un aveugle s’est assis et a récité auprès de sa tombe. ‘Aḥmad lui a alors dit : « Ô toi, la récitation auprès de la tombe est une innovation ». Ensuite quand nous sommes sorti du cimetière, Muḥammad bnu Qudāmah a dit à ‘Aḥmad bnu Ḥanbal : « Ô père de ᵌAbdu l-Lāh, que dis-tu au sujet de Mubaṡṡir al-Ḥalabiyy ? » Il dit : « Il est digne de confiance. Est-ce que tu as retenu quelque chose de lui [à ce sujet]». Il a répondu : « Oui. Mubaṡṡir m’a rapporté de ᵌAbdu r-Raḥmān bni l-ᵌalā’i l-laĵlāĵ de son père qu’il lui a recommandé lorsqu’il serait enterré de réciter auprès de sa tête le début de sūratu l-Baqarah ainsi que sa fin et il a dit : « j’ai entendu Ibnu ᵌUmar recommander cela ». C’est alors que ‘Aḥmad lui dit : « Et bien retourne auprès de cet homme [aveugle] et dis-lui de réciter ».

Et al Ḥasan bnu ṣ-Ṣabbāḥ az-Zaᵌfarāniyy a dit : « J’ai interrogé aṡ-Ṡāfiᵌiyy au sujet de la récitation auprès de la tombe et il a dit : « Il n’y a pas de mal en cela ».

aṡ-Ṡaᵌbiyy a dit : « les ‘Anṣār, lorsque l’un des leurs mourait, fréquentaient sa tombe ils y récitaient le Qur’ān ». Il a dit : « ‘Abū Yaḥyā an-Nāqid a dit : « J’ai entendu al Ḥasan bnu l-Ĵurawiyy dire : « Je suis passé par la tombe de ma sœur et j’ai récité auprès d’elle « tabārak » [c’est-à-dire sūratu l-Mulk] pour ce qui y est mentionné, c’est alors qu’un homme est venu à moi et il a dit : « J’ai certes vu ta sœur dans le rêve qui disait : « Que Allāh récompense mon frère en bien, j’ai certes tiré profit de ce qu’il a récité » » » ».

Al Ḥasan bnu Hayṫam a dit : « J’ai entendu ‘Abū Bakr bnu al ’Aṭrūṡiyy bnu binti ‘Abiy Naṣri t-Tammār dire : « Un homme se rendait à la tombe de sa mère chaque vendredi et il récitait sūratu Yā Sīn. Un de ces jours qu’il se rendit [à la tombe de sa mère], il récita sūratu Yā Sīn puis il dit : « Ô Allāh, si Tu m’as accordé une récompense pour cette sūrah, alors fais que les habitants de ce cimetière en tire profit. C’est alors que le vendredi suivant, une femme vint à lui et lui : « Tu es untel fils de unetelle ? ». « Oui » dit-il. Elle dit : « J’ai une fille qui est décédée, et  je l’ai vu dans le rêve assise au bord de sa tombe, alors je lui dit : « pourquoi t’es-tu assise ici ? ». Elle dit : « Certes untel fils de unetelle est venu auprès de la tombe de sa mère et il a récité sūratu Yā Sīn et il a dédié sa récompense aux habitants du cimetière et il nous est parvenu de cela une miséricorde, ou il nous a été pardonné ou quelque chose de ce genre ».

Et dans [le livre] de An-Nasā’iyy et autre que [son livre] le ḥadīṫ de Maᵌqil bnu Yasār al-Muzaniyy au sujet du Prophète qu’il a dit [ce qui signifie] « Récitez « Yā Sīn » auprès de « mawtākum ».

Les wahhabites prétendent que ce qui est visé dans ce ḥadīṫ par le terme « mawtākum » n’est pas « vos morts » mais les personnes mourantes avant qu’elles ne rendent l’âme et quittent ce bas-monde. Hors, nous allons voir que ibnu l-Qayim, qui nous le rappelons est une référence pour eux, n’exclut pas que ce qui est visé par « mawtākum » soient les morts. Il dit p18 du même livre ce qui signifie : « Et il est possible que le sens visé [par « mawtākum »] soit la récitation sur la personne qui est en train de mourir (…) [comme] il est possible [qu’il s’agisse] de la récitation auprès de la tombe [de celui qui est déjà mort]. » Et p191 : « Et en ce qui concerne la récitation du Qur’ān et le fait d’en dédier les récompenses sans être rémunéré pour cela, elles lui parviennent [c’est-à-dire au mort] tout comme [lui] parviennent les récompenses du jeûne et du pèlerinage.

Et s’il est dit : « Ceci n’était pas connu parmi les salafs et on ne peut pas tirer [ce jugement] de l’un d’entre eux avec tout l’attachement au bien [qu’on leur connaît], et le Prophète ne leur a pas enseigné cela mais il leur a parlé de l’invocation, de la demande de pardon, de l’aumône, du pèlerinage et du jeûne. Alors si la récompense de la récitation parvenait au mort, il leur aurait certes enseigné cela et sans aucun doute ils l’auraient fait ».

Et bien la réponse c’est que si celui qui pose cette question reconnaît le fait que les récompenses du pèlerinage ou du jeûne ou de l’invocation ou encore de la demande de pardon [puissent parvenir au mort] on lui dit : « quelle est cette particularité qui empêcherait la récompense de [la récitation] du Qur’ān de parvenir au mort mais qui exigerait que lui parviennent les récompenses de l’invocation, de la demande de pardon, de l’aumône, du pèlerinage et du jeûne ? Il ne s’agit que d’une discrimination [de votre part] parmi des choses qui sont semblables ! » Et s’il [celui qui pose cette question] ne reconnaît pas que [les récompenses] de l’invocation, de la demande de pardon, de l’aumône, du pèlerinage et du jeûne puissent parvenir au mort alors il est vaincu par les preuves du Qur’ān, de la Sunnah, de l’unanimité des savants et des règles de la ṡarīᵌah. (…) Et quelle différence y-a-t-il entre le fait que la récompense du jeûne -qui consiste en une intention et une abstention- parvienne [au mort] et le fait que lui parvienne les récompenses de la récitation et du ikr!? Et celui qui prétend que nul parmi les salafs n’a fait cela, il se prononce sans science (…) ».

Ceci est la preuve que les wahhabites ont interdit ce que leurs gourous n'ont même pas interdit et quelle humiliation pour eux! Comment après cela peuvent-ils encore confirmer leurs propos mensongers?

Après avoir montrer leurs contradictions nous allons citer les preuves à partir des ḥadīṫ du Prophètes, et à partir de la parole des compagnons du Prophètes et des savants parmi les véritables salafs.

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